Lorelei

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E.T.A. HOFFMANN, L’homme au sable

E. T. A. Hoffmann – L’Homme au sable

J’ouvris tout doucement la porte du cabinet de mon père. Il était assis comme d’habitude, silencieux et immobile, le dos tourné à la porte, et ne me remarqua pas. Je fus bientôt caché dans une armoire à porte-manteaux qui touchait à la porte, et fermée par un rideau seulement. Le bruit de la pesante démarche approchait de plus en plus. On entendait au dehors tousser, murmurer et traîner les pieds d’une façon étrange. Mon cœur palpitait de crainte et d’attente. — Derrière la porte un pas retentit: la sonnette est ébranlée violemment, la porte brusquement ouverte ! — Je m’enhardis non sans peine, et j’entrouvre le rideau avec précaution. L’homme au sable est devant mon père, au milieu de la chambre, la clarté des flambeaux rayonne sur son visage; — l’homme au sable, le terrible homme au sable, c’est… le vieil avocat Coppelius, qui dine quelquefois chez nous !

Mais la figure la plus abominable n’aurait pu me causer une horreur plus profonde que ce même Coppelius.

E. T. A. Hoffmann – L’Homme au sable (1815) (Traduit par Henry Egmont)

REMARQUE Erich Maria – À l’Ouest, rien de nouveau

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Erich Maria Remarque – Assaut

Personne ne croirait que dans ce désert tout déchiqueté il puisse y avoir encore des êtres humains; mais, maintenant, des casques d’acier surgissent partout dans la tranchée et à cinquante mètres de nous, il y a déjà une mitrailleuse qui, aussitôt, se met à crépiter.

[…] Nous reconnaissons les visages crispés et les casques; ce sont des Français. Ils atteignent les débris de barbelés et ont déjà des pertes visibles. Toute une file est fauchée par la mitrailleuse qui est à côté de nous; puis nous avons une série d’enrayages et les assaillants se rapprochent. Je vois l’un d’eux tomber dans un cheval de frise, la figure haute. Le corps s’affaisse sur lui-même comme un sac, les mains restent croisées comme s’il voulait prier. Puis le corps se détache tout entier et il n’y a plus que les mains coupées par le coup de feu, avec des tronçons de bras qui restent accrochés dans les barbelés.

Erich Maria Remarque (1898 – 25/09/1970) – À l’Ouest, rien de nouveau (Éditions Stock, 1928)
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